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Jupe Ambrosia, variation 2

Voilà une jupe qu’on a beaucoup vu ces dernières semaines sur les réseaux sociaux ! La jupe Ambrosia. Et pour cause, c’est le premier modèle dans la progression du livre Passez votre CAP couture avec Artesane.com, sorti tout début septembre.

J’ai donc un peu – beaucoup – de retard. Et pour cause : le livre, commandé rapidement après sa sortie, était prévu pour mon Noël 🙂 .

Passez mon CAP en fin d’année ?

Non, alors ce n’est pas du tout mon objectif à court terme. Je ne l’exclus pas du tout. Cela se fera peut-être, un jour. Ou pas.

Non, mon objectif, c’est plutôt de profiter d’un vrai livre d’apprentissage, écrit avec sérieux et très complet, pour me permettre d’apprendre de suite les bons gestes de couture. Plutôt que d’accumuler par mes essais erreurs (et mes visionnages de vidéos qui se contredisent parfois…) les mauvais gestes et les mauvaises habitudes.

J’ai l’intention de suivre le programme d’apprentissage avec sérieux. Y compris les chapitres autres que techniques. Et avec régularité. Mais (beaucoup) plus lentement que le rythme imposé (et logiquement imposé : 9 mois pour se préparer…). D’abord parce que je travaille et que la couture doit rester un loisir. Ensuite parce que je veux pouvoir me laisser la possibilité de coudre autre chose à côté. Enfin, pour une raison également financière. Je pense que nous sommes nombreuses à nous rendre compte que suivre cette formation peut vite se révéler onéreux.

Comment ça onéreux ?

Le livre

Le livre coute 36 €. Je ne rentrerai pas dans le débat « 36 € c’est cher / c’est pas cher », ça cela dépend vraiment de chacun. En revanche, quand on ramène le 36 € au nombre de modèles complets proposés, 8, accompagnés chacun de 1 à 3 variations (parfois très différentes), sans même mettre en regard tous les autres chapitres… techniquement, cela fait des patrons pas chers.

Les modèles à coudre

Mais si on veut être sérieux et suivre correctement la progression, il faut les faire TOUS, ces modèles. C’est la seule manière d’aborder tous les points techniques. Chacun au moins une fois en version complète. Au mieux, dans chacune des versions proposées, parce que chaque variation présente un point technique différent. Et au minimum, une pièce d’étude pour chacune des variations.

Pour ma part, j’ai également choisi de suivre strictement les (types de) tissus indiqués, pour être sûr d’avoir été confrontée à tout ce qui doit être appris. Et comme je n’ai pas de stock de tissus…

Les patrons

Enfin, j’ai aussi fait le choix de faire imprimer en A0 toute la gamme des modèles pour pouvoir faire les modèles à ma taille et ne pas passer 5 heures à assembler un patron (certains font plus de 40 pages, soit potentiellement 300 feuilles à assembler…), avec tous les risques d’erreurs et d’approximation qui se cumulent.

Ah, je souhaite dire avant qu’on me reprenne : je trouve normal que les patrons autres que la taille 38 soient à notre charge. Le livre est un manuel scolaire. Il contient tout ce qui est nécessaire pour suivre le programme d’apprentissage en restant dans les demandes de l’examen : des patrons en taille 38. Les autres sont mis à disposition, sans surcout, dans 2 formats différents, je trouve ça formidable.

Bref, oui, tout ça, ça a un cout plutôt certain.

On peut en revenir à Ambrosia ?

Oui, parce que je ne veux pas dire, mais c’est un peu pour ça qu’on est là non ? Ok ok.

Le travail de septembre, c’était donc d’abord la jupe droite. Bon, ça c’est validé avec mes 3 versions de Sister Mini (bonus, elles sont doublées). Puis le travail des plis avec le modèle du mois : le pli creux (validé : 3 versions de Chardon), les plis parallèles symétriques et semi-piqués (les semi-piqués sont validés avec Chardon, puisque – justement- j’avais choisi de les surpiquer pour une plus jolie finition) et les plis religieuses.

J’ai donc choisi de faire la variation 2 qui combine les plis parallèles que je devais travailler et la finition surpiqure que j’aime particulièrement. Il faudra que je me lance à une pièce d’étude plis religieuses.

Ambrosia variation 2 en photos

La réalisation

Autres contraintes personnelles, je tente de suivre stricto sensu les principes de la couture professionnelle. J’ai donc pour la première fois fait une découpe des tissus au pli. Oups, Maman, arrête de lire ici… Il faut bien que j’apprenne à le faire (2 tissus l’un sur l’autre, ça ne se comporte pas tout à fait comme une seule épaisseur). Bon, par contre, suivre le plan de coupe, là ça a été au-dessus de mes forces. Un tel gaspillage, ce n’était juste pas possible.
D’ailleurs, pour le modèle 2, même la découpe au pli, c’est pareil, ça va juste être pas possible… même sur la toile de chez Ikea, le gaspillage me faisait bondir. Bref, revenons à Ambrosia.

Autre nouveauté, j’ai fait une toile quasi complète de la jupe (je n’ai pas monté la fermeture). C’était essentiellement parce que j’étais persuadée que la jupe serait trop courte. Ma toile comprenait donc un allongement de jupe à base arrondie. Ce qui était très bien, car je n’en avais jamais fait et c’était à travailler sur ce chapitre. Heureusement que je l’ai faite cette toile : j’ai monté une des deux séries de plis à l’envers (oups) et la jupe n’était pas du tout trop courte, mais trop longue.
La toile d’Ambrosia m’a aussi servie à coudre en “conditions CAP” : variateur de vitesse sur vitesse maximale (et ma Sapphire coud à 1100 points par minute en vitesse max…), pas de pied spéciaux (exit mon chouchou : le pied pour surpiqure), pas de décalage d’aiguille (tout aux repères plaques aiguilles et masking tape)…

Ensuite, je me suis attaquée à ma version finale, dans le magnifique Sergé de coton soft de chez Stragier, coloris vert canard. Oui, je sais, je ne suis pas originale, 50% des versions ont été faites dans ce tissu. Mais il est vraiment superbe (ceci expliquant cela non ?).

Quelques infos pratiques sur cette version d’Ambrosia

  • Fournitures et investissement financier : 37,03 €
  • Coton sergé soft uni vert canard (Stragier) – 1,50 m à 19,90 € / m : 29,85 €
  • Bobine de 250 m fil Gütermann coloris 870 : 4,49 €
  • Zip invisible 22 cm : 2,69 €

NB : volontairement, je vais cette fois-ci, pour les modèles de ce livre, exclure les frais “achat patron” de l’investissement financier. Je les passe plutôt dans ma formation.

  • Cout réel estimé : environ 26,85 €
  • Seulement 1 m de tissu pour une taille 40, avec découpe au pli (est-ce que j’aurais pu gagner un peu plus en découpe à plat ? oui, je pense) : 19,90 €
  • La moitié de la bobine de fil environ : 2,25 €
  • Le zip : 2,69 €
  • 20 cm d’entoilage : 2 €

  • Temps de confection : outch…

Je suis clairement une tortue en couture. Et ça ne me pose aucun problème.
Je suis minutieuse et je l’assume.
J’aime prendre mon temps, vérifier, revérifier. Et je déteste avoir l’impression de bâcler le travail.

Donc… combien de temps ? Des heures.

  • Relevé du patron (allongement, adaptation, découpe…) : plusieurs heures
  • Toile : temps complet de la découpe du tissu à l’assemblage de la toile, environ 8 heures
  • Version finale : découpe du tissu, environ 2 heures ; et assemblage et finition, environ 10 heures

Et alors ? Peu m’importe. Clairement, je ne travaille pas dans les temps requis pour le CAP. Mais ce n’est pas mon objectif.

Alors, verdict ?

Côté technique

Sans surprise, je n’ai pas été confrontée à des difficultés majeures de couture. Les points techniques travaillés, je les avais déjà affrontés plusieurs fois.

La gamme de montage industrielle, la vraie nouveauté pour moi, c’est juste une autre façon de présenter les choses. Au début, ça fait langue étrangère. Et petit à petit, avec le “traducteur” en main, ça s’éclaircit. Ma seule inquiétude, c’est de me demander si je vais réussir à automatiser en mémoire le langage d’une gamme de montage industrielle. Là, clairement ce n’est pas encore le cas.

Les exigences attendues pour le CAP ?

Ce n’est pas parfait et on est encore un peu loin du mm de flottement acceptable : j’ai un décalage d’environ 2 mm sur le croisement au niveau de l’empiècement dos et sur le haut de la fermeture. Contrairement à ce que je fais habituellement, je n’ai pas bâti le bas de la jupe avant de bâtir le zip, pour être sûre de maintenir au même niveau les deux pans. J’aurais dû. J’ai suivi exactement la gamme de montage, qui indique de ne bâtir qu’au niveau du zip.

Bon, j’ai juste oublié de finaliser une des surpiqures de plis, donc forcément le fil s’est fait la malle. La jupe étant finie, j’ai fait au plus simple, j’ai repris une surpiqure point dans point à ce niveau, mais c’est bof quoi (enfin moi je le sais).

Et la jupe finie alors ?

C’est un chouette modèle. Très classique (bon, un peu trop classique). Le tissu est franchement superbe. Je sais que les jupes droites sont plus ma tasse de thé, mais elle est vraiment jolie à porter.

En revanche, j’ai voulu la tester en laissant les plis vagues, sans les marquer au fer (histoire de la rendre un peu moins sévère). Et là, c’est cata. Je viens de passer ma journée à faire redescendre le bas de ma jupe, qui ne cessait de me remonter sur les cuisses quand je marchais. J’espère que ça va se régler en marquant les plis au fer, parce que sinon, je vais la trouver très pénible à porter et elle risque de se trouver reléguer dans le placard.

Et la longueur d’Ambrosia ?

Suite à ma toile, j’avais anticipé de réduire un peu la longueur (4 cm en 2×2; au lieu des 3 cm en 2×1,5 demandé) et bien même comme ça, je me demande si un chouillas plus court, ça ne serait pas encore mieux. Mon coeur balance et je vais demander avis. Refaire l’ourlet, je peux m’y attaquer (si je me motive).

Pour celles que ça intéresse, je mesure 1m58 et là, avec l’ourlet de 4 cm au lieu de 3, la jupe m’arrive juste au-dessus du genou (donc bien plus long que ce que suggère la photo du modèle d’Artesane : à vue de nez au moins 4 cm plus court que sur moi). ça me rassure pour le modèle 2 que je trouve ultra-court, bien trop court. Je ne vais peut-être pas avoir (trop) d’ajustement à faire.

Des libertés ?

Comment ça, des libertés ? J’ai dit que je suivais la gamme de montage…
Oui, enfin ça c’est ce que je m’étais donnée comme consigne de base. Et puis, les bonnes résolutions, hein, on sait ce que ça donne.

Donc, oui, j’ai suivi strictement la gamme de montage. Sauf pour une – seule – étape : l’étape 15, la finition main de l’empiècement dessous (l’intérieur de la jupe). Je ne l’ai pas fait à la main. Je voulais ajouter une finition sur la jupe qui me semblait manquer tel que c’était prévu : j’ai fait une surpiqure de tout le tour de l’empiècement dessus. C’est cohérent avec les plis surpiqués, ça fait le lien entre le bas de la jupe et le haut et ça fait moins… vide ? Bonus, ça m’a évité la couture à la main de l’empiècement dessous.
Et je suis bien contente du résultat.

2 commentaires

  1. Beau travail ! Je vais suivre ton “CAP” couture car moi aussi j’ai bien envie de suivre cette formation, mais sans finaliser avec un diplôme,juste pour avoir une partie technique de couture plus professionnelle.(Et merci aussi pour les coûts de revient associés)

  2. Merci 🙂

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